Pour une forêt primaire en Europe de l’ouest !

Francis Hallé, botaniste et explorateur des canopées, a un rêve qui pourrait devenir réalité : Reconstituer une grande forêt primaire en Europe de l’ouest.


Une forêt primaire n’a été ni défrichée, ni exploitée, ni modifiée de façon quelconque par l’homme. C’est un sommet de biodiversité et d’esthétisme. (Site Francis Hallé)

Une forêt primaire (ou forêt vierge), est composée d'espèces indigènes (résultat de processus naturels, sans intervention humaine) où aucune trace d'activité humaine passée ou présente n'est clairement visible. Ce sont des forêts intactes (ou originelles), ou des forêts à haut degré de naturalité n'ayant jamais été détruites ni très exploitées, ni fragmentées, ni directement ou manifestement influencées par l'Homme. (Source Wikipédia)

Dans ces forêts primaires, on trouve plus de variétés d’arbres que dans les forêts secondaires et c’est un gage de meilleure santé. La variété des espèces d’arbres diminue les risques de maladie et les attaques des ravageurs.


Le déclin des dernières forêts primaires équatoriales est alarmant (Amazonie, bassin du Congo, Indonésie). En Europe, seule la forêt primaire de Pologne subsiste mais elle est en danger.


L’arbre est vital. Il produit l’oxygène que nous respirons. La forêt, écosystème complexe et riche conditionne l’existence de notre humanité. Ses bénéfices sont inestimables : lutte contre le réchauffement climatique par les capacités de décarbonation inhérentes à la vie des arbres d’une part et au stockage du carbone dans le sol d’autre part, reconstitution des ressources hydriques, création d’un réservoir de biodiversité (petits et grands mammifères, insectes, champignons, espèces cavicoles et espèces végétales variées…), protection de la vie humaine contre les pandémies en développant des écosystèmes vastes et variés qui garantiront un bon équilibre du vivant…

Ce projet permettra également de développer la recherche en biologie végétale et animale, en botanique ou pharmacologie et de mettre en place des actions pédagogiques à destination du grand public.

Cette forêt aurait une superficie de 70 000 hectares. Si ce projet débute maintenant, à partir d’une forêt secondaire existante, il pourra aboutir d’ici 600 à 800 ans. S’il est réalisé à partir d’un sol nu, il faudra compter 1000 ans pour sa concrétisation. C’est le temps nécessaire pour que ce milieu forestier arrive à maturité.

Ce projet est accueilli avec enthousiasme par le grand public ainsi que par le secrétariat d’Etat à la Biodiversité. Des rencontres avec la Commission Européenne, l’UNESCO, l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) et différentes structures de recherche scientifique et fondations ont eu lieu.

Francis Hallé a présenté deux propositions :

- Ce projet d’une forêt primaire pourrait être porté par la France dans le cadre de la construction de la stratégie forestière de l’Union Européenne en 2021, ainsi que dans la perspective du Congrès mondial de l’UICN à Marseille et de la prochaine COP15 Biodiversité en Chine.

- Organiser des Etats généraux de l’arbre et de la forêt afin de « revisiter » nos visions et nos approches quant à l’arbre et à la forêt face aux enjeux environnementaux, aux demandes sociétales ainsi qu’aux évolutions technologiques et éthiques. Cette proposition s’inscrit dans une réflexion déjà en cours pour « porter le débat de manière sociétale ».

Cinq sites possibles ont été identifiés. Cette zone sera transfrontalière avec une base française. Entre la France et la Suisse, la forêt jurassienne du Risoux, fait partie des options. Il faut impliquer plusieurs états dans ce projet pour qu’il soit pérenne.


Une forêt primaire ne coûtera rien car elle évoluera de façon autonome, elle se gèrera toute seule. On ne coupe rien, on ne taille rien, on ne touche à rien, on ne chasse rien, on ne cueille rien : la faune et la flore se développeront et se renouvelleront sans l’intervention humaine. Le temps et les prédateurs œuvreront. Le loup y viendra naturellement. La réintroduction d’autres animaux tels que l’ours et le bison pourra être envisagée.

Ce projet innovant a pour ambition de transmettre aux générations futures un patrimoine naturel, source de vie, de savoirs, de culture. C’est un acte de solidarité envers ces futures générations qui en bénéficieront.

« L'utopie nous montre non pas l'irréalisable mais l'irréalisé. » Théodore Monod


Sources :

foretprimaire-francishalle.org (Il est possible d’adhérer à cette association et de la soutenir)

Télérama 3720

Image par DEZALB de Pixabay



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