Méthanisation agricole à Boutigny-sur-Essonne

Mis à jour : mars 31

Séduits par la perspective de garantir leurs revenus, des agriculteurs se lancent dans la production de biogaz et installent des méthaniseurs qui produisent de l’électricité, du gaz ou du carburant à partir des fumiers d’élevages hors sol, auxquels on ajoute des plantes cultivées.

Ces « digesteurs », où des bactéries consomment ces matières organiques vont produire non seulement du méthane mais aussi des boues (appelées digestat). Ces boues présentées comme « du compost pour l’agriculture » sont un gros problème et cette pratique de méthanisation subventionnée suscite de nombreuses inquiétudes.


Côté pile, la méthanisation permet de produire du gaz renouvelable et d’assurer aux éleveurs d’importants compléments de revenus. Côté face, elle présente une vraie menace de pollution des sols et d’émission de gaz à très grand effet de serre.


Le digesteur est un bain de bactéries. Baignant à 40 °C, elles peuvent même devenir résistantes. Cela inclut les bactéries, spores, parasites mais aussi les résidus médicamenteux administrés aux élevages. Lorsque le digestat bourré de pathogènes est épandu, il est consommé par le sol puis s’infiltre vers les cours d’eau et les nappes phréatiques. Dans certaines zones, l’infiltration est rapide, sans dilution possible, et va directement dans les nappes phréatiques, où nous pompons notre eau potable. Un traitement au chlore, comme c’est le cas dans de nombreux endroits ne suffit pas à débarrasser l’eau de ces pathogènes. La qualité des eaux de surface et souterraines est crucial en France, car plus la qualité de l’eau est dégradée, plus il est onéreux de la rendre potable. Sans parler des conséquences sur la faune et la flore entre l’infiltration et notre robinet. La résistance accrue des bactéries est liée à de nombreux facteurs, comme la surconsommation d’antibiotiques, et les scientifiques craignent que la méthanisation, indirectement, participe à ce phénomène.


Alors que dans la Nature, la biodiversité met en scène la digestion de plusieurs millions d’espèces (insectes, champignons, bactéries, vers de terre…), la méthanisation agricole est un procédé qui dégrade les matières organiques par quelques espèces de bactéries. Ces digesteurs artificiels sont incompatibles avec l’agriculture durable. « La mortalité de vers de terre retrouvés à la surface après épandage de digestats de méthanisation est un phénomène qui pose question… »


Le bilan CO2 de la méthanisation n’est pas neutre et ne conduit pas à une réduction des gaz à effet de serre. L’activité agricole et le processus de méthanisation auquel elle est associée, analysés dans leur globalité, consomment davantage d’énergie qu’ils n’en produisent. La méthanisation et sa faible émission de gaz à effet de serre est un leurre. Et que faire des fuites de méthane au niveau des soupapes de sécurité et des canalisations, des bâches couvrant les digesteurs qui se détériorent, etc. Mais le pire est le protoxyde d’azote. Le digestat est très volatil, l’ammoniac se disperse très facilement dans l’air et à son contact, il s’oxyde et va développer du protoxyde d’azote, un gaz à effet de serre 300 fois plus puissant que le CO2. À cela s’ajoute, l’apparition de l’oxyde d’azote, mais aussi, le développement de particules fines.


La méthanisation n’a pas pour objectif réel de soutenir l’agriculture. Sa technologie complexe et son coût élevé sont surtout destinés à des investisseurs intéressés par la demande croissante d’une énergie de plus en plus chère. D’ici 2030, le gouvernement veut faire grimper à 10 % la consommation actuelle de gaz issu de nos élevages. La communauté scientifique alerte sur ce nouveau désastre environnemental mais les pouvoirs publics restent sourds aux préoccupations de la population. En effet, les projets se multiplient partout en France et les oppositions fleurissent, souvent par crainte d’une hausse du nombre de camions en circulation et des odeurs. Un projet est en cours, proche de Boutigny-sur-Essonne, où chaque année, près de 10 000 tonnes de matières organiques locales seront méthanisés (cultures intermédiaires, pulpes de betteraves, déchets plantes aromatiques, pommes de terres non commercialisables…)


Attention au vocabulaire : On parle de bio-méthaniseur, de Biogaz et autres « Bio quelque chose ». Comme pour le bioéthanol issu notamment de la betterave (traitée aux pesticides, en particulier les néonicotinoïdes tueurs d’abeilles), le Biogaz ne provient pas de la fermentation de produits BIO…Enfin, quelques maires de Seine-et-Marne favorables à l’installation d’un méthaniseur sont absolument contre l’épandage du digestat.



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