Ethanol et biocarburants, fausse bonne idée ?

Dernière mise à jour : avr. 4

Suite à une directive européenne visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES), notamment pour le transport, les pétroliers ont ajouté de l’alcool dans l’essence et des esters d’huiles végétales dans le gasoil. Résultat : l’éthanol représente env. 10% des carburants vendus en France (Le SP95 E10 est devenu le carburant le plus vendu à la pompe). Le rendement énergétique de l’éthanol est inférieur à celui de l’essence, (1,5 litres d’éthanol équivaut à celui d’1 litre d’essence). Il faut donc s’attendre pour une automobile à une consommation supérieure au 100 km.


En France, l’éthanol est issu de matières premières françaises (le blé en représente 37 % devant la betterave 33 %, le maïs 20 %, divers 10%). Sans oublier l’additif pour carburant ETBE (éther éthyle tertiobutyle) produit lui aussi à partir des mêmes matières premières françaises.


Y a-t-il concurrence entre cultures à des fins énergétiques et cultures alimentaires ? Bien que la production française de bioéthanol utilise 3% de la surface agricole utile nationale, une publication de la Commission Européenne en 2019 a démontré les dangers de l’impact du changement indirect d’affectation des sols avec l’utilisation de cultures vivrières à des fins énergétiques.


Suite à la demande de la Commission Européenne, y a-t-il eu réduction d’émission de gaz à effet de serre en roulant au bioéthanol ? Et bien non ! les gains en émission de GES sont très inférieurs aux objectifs pour l’éthanol issu des céréales (avec de grandes disparités selon les céréales). C’est pourquoi la commission européenne n’a pas voulu augmenter le pourcentage de biocarburants après 2018. Deux rapports recommandent désormais d’accélérer la recherche pour l’obtention d’éthanol dit « cellulosique » produit à partir de biomasse issue de déchets végétaux (bois, paille, bagasses de végétaux), selon des procédés biochimiques. Nos forêts vont souffrir…


La France est le 1er producteur européen de sucre et d’alcool éthylique. 1/3 de cet alcool est destiné aux usages traditionnels (boissons, parfums, pharmacie, industrie) et 2/3 au marché des carburants (bioéthanol). La France exporte une grosse partie de sa production d’éthanol pour les carburants.


En France, 423 000 hectares ont été plantés en betteraves en 2020, essentiellement au nord de la Loire. La filière betteraves, c’est 90 000 emplois directs, indirects et induits, essentiellement en milieu rural en France, dont 45 000 emplois dans les 21 usines à sucre, et 25 000 betteraviers. Les néonicotinoïdes, nocifs notamment pour les abeilles, sont interdits en France depuis 2018. Mais la filière de la betterave, contrairement à d'autres, n'aurait pas trouvé de solution alternative à ces produits toxiques pour traquer les pucerons. Voilà pourquoi ces néonicotinoïdes sont réintroduits pour la betterave. Ce n’est pas pour défendre votre nourriture dans l’assiette comme l’affirment les agriculteurs, c’est avant tout pour défendre la production d’alcool et d’éthanol qui rapportent beaucoup plus. Alors ne cherchez plus pourquoi les abeilles meurent…



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